Livret A : le taux abaissé à 1,25%

Depuis le 1er août, le taux du Livret A est de 1,25% net, contre 1,75% précédemment. En termes réels, c’est-à-dire inflation déduite, il est plus rémunérateur aujourd’hui qu’hier. Malgré tout, la décollecte pourrait s’accélérer.

Livret A de La Banque Postale - AFP/François Nascimbeni Un demi point.
C’est l’ampleur de la baisse décidée le gouvernement pour le taux du Livret A qui, depuis le 1er août, est de 1,25%. Cette évolution porte à un nouveau plus bas, la rémunération du placement préféré des Français dont l’encours dépassait 160 milliards d’euros en mai 2009.

Le calcul du taux

Depuis l’arrêté du 29 janvier 2008, les taux du Livret A et du LDD « sont égaux, après arrondi au quart de point le plus proche, au chiffre le plus élevé entre a. La moyenne arithmétique entre, d’une part, la moitié de la somme de la moyenne mensuelle de l’Euribor 3 mois et de la moyenne mensuelle de l’Eonia, et, d’autre part, l’inflation en France mesurée par la variation sur les douze derniers mois connus de l’indice Insee des prix à la consommation ; et b. L’inflation majorée d’un quart de point ».
A partir de cette formule, la Banque de France détermine deux fois dans l’année, le 15 janvier et le 15 juillet, le taux servi. « Toutefois, lorsque, à l’occasion de son calcul, la Banque de France estime que des circonstances exceptionnelles justifient une dérogation (…) ou que l’application de la règle (…) conduit à un taux ne permettant pas de préserver globalement le pouvoir d’achat des épargnants, le gouverneur transmet l’avis et les propositions de taux au ministre chargé de l’Economie, président du Comité de la réglementation bancaire et financière. Dans ces cas, les taux sont maintenus à leur niveau antérieur et le CRBF examine l’opportunité de les modifier ».
Si l’abaissement du taux est élevé, il l’est toutefois moins que ce qu’il aurait dû être si l’évolution de l’inflation - qui entre théoriquement dans la formule de calcul - avait été prise en compte. Selon les statistiques de l’Insee, les prix à la consommation ont reculé de 0,5% sur un an en juin. Dans un communiqué, la Banque de France souligne que « la stricte application de la formule de calcul des taux de l’épargne réglementée conduirait à abaisser à partir du 1er août le taux du Livret A de 1,75% à 0,25% » et rappelle que Christian Noyer, le gouverneur de la banque centrale, avait « en avril dernier, déjà alerté sur les risques liés à un ajustement de même ampleur ».

Les taux de rémunération du livret A depuis 2000

Dates de changement du taux Taux net
1er août 2009 1,25%
1er mai 2009 1,75%
1er février 2009 2,50%
1er août 2008 4%
1er février 2008 3,50%
1er août 2007 3%
1er août 2006 2,75%
1er février 2006 2,25%
1er août 2005 2%
1er août 2004 2,25%
1er août 2003 2,25%
1er juillet 2000 3%
15 janvier 2000 2,25%

L’institution monétaire se félicite donc de la modération de la baisse à 1,25%, une décision qui « permettrait de maintenir au cours des prochains mois une rémunération largement positive en termes réels de l’épargne réglementée ». Mais qui, s’inquiète-t-elle, « contribuerait à réduire de nouveau le coût des ressources finançant le logement social et les PME ». Et, « par son effet d’entraînement, à la poursuite du mouvement de baisse du coût des ressources du système bancaire, qui permet d’alléger le coût du crédit et soutient l’activité économique ».

Plus rémunérateur en termes réels aujourd’hui
Inflation déduite, le Livret A est plus avantageux au 1er août 2009 à 1,25% net, qu’à 4% net un an plus tôt (1er août 2008). « Son taux est beaucoup plus rémunérateur en termes réels aujourd’hui qu’il y a un an, confirme Cyril Blesson, directeur de recherche économique chez Seeds Finance, puisque la variation des prix à la consommation s’élevait à +3,6% en juillet 2008, contre -0,5% en juin 2009 ! ».

Il n’empêche, cette baisse du rendement facial du produit va certainement conduire à de nouveaux retraits. « Après une collecte historique en début d’année, le Livret A va probablement poursuivre et accélérer à présent sa décollecte entamée en mai », poursuit Cyril Blesson.

MIREILLE WEINBERG, Les Echos